Un Plan Stratégique pour la filière ovine de Wallonie

A l’occasion de la deuxième journée ovine inter-écoles, j’ai détaillé son Plan Stratégique pour la Filière ovine, développé en collaboration avec le Collège des Producteurs. Un programme décennal mobilisant 1,3 millions d’euros avec pour objectif une croissance, d’ici 2028, de l’ordre de 50% du chiffre d’affaires actuel qui est de 100 millions d’euros.

La Wallonie n’est pas à proprement parler une terre ovine. Pour preuve un faible taux d’auto-approvisionnement qui se fixe à 13% et une importante majorité (5.550) des 6.000 producteurs dont le cheptel s’élève en moyenne à 6 ovins. Au niveau des éleveurs professionnels, la taille moyenne du cheptel avoisine les 90 brebis et moutons. 30% du cheptel se trouve dans la filière biologique.

Toutefois un revirement s’opère. En effet entre 2010 et 2015,  le nombre  d’éleveurs professionnels a progressé de 140%, tout comme le nombre de brebis détenus à augmenter de 160%. En outre, la pyramide des âges chez les professionnels est intéressante, 63% ont moins de 50ans.

Cette filière se révèle être un complément idéal à d’autres spéculations comme les grandes cultures et l’élevage bovin pour un investissement de départ relativement réduit. En outre, l’élevage de moutons sur certains espaces naturels est une alternative efficace aux produits phytosanitaires. De plus, toute l’identité de cette filière est encore à construire.

Ce Plan Stratégique doit permettre à la Wallonie  de tripler la proportion de produits ovins locaux disponibles sur le marché et prioritairement dans nos boucheries indépendantes. Tout en garantissant un revenu juste, la professionnalisation du secteur doit viser endéans les 10 prochaines années un taux d’approvisionnement de 35% en viande ovine et de 20% en lait de brebis. En mobilisant nos efforts, la dynamique actuelle doit être maintenue avec 30 nouvelles installations par an et une augmentation de la moyenne du cheptel à 115 têtes.

Le Plan Stratégique se décline en 6 axes :

  • Récolte de données technico-économiques – mise en place de fermes de référence
  • Favoriser l’installation par la formation professionnelle, l’enseignement et la sensibilisation
  • Promouvoir la diversification ovine en complément des grandes cultures et à l’élevage bovin
  • Renforcement de l’encadrement technique
  • Soutenir la mise en place d’un groupement de producteurs
  • Promotion ciblées

L’exemple du Plan Stratégique BIO démontre qu’une mobilisation des acteurs autour d’objectifs communs peut engendrer des résultats significatifs. Le Plan Stratégique est une fenêtre d’opportunités pour nos exploitations avec des outils qui permettront à nos producteurs de doper la valeur ajoutée de leurs matières premières tout en préservant les valeurs de notre agriculture : le lien au sol, la proximité, la qualité et l’innovation.

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