Saint-Michel-Freyr : une gestion différenciée de la forêt

En lisière de la parcelle de 1.645 hectares de la Forêt de Saint-Michel-Freyr, j’ai signé avec le Président de la Fondation Pairi Daiza, Eric DOMB,  le contrat de gestion conclu pour une période de 20 ans renouvelable à 3 reprises entre la Wallonie et la Fondation établissant le cadre de l’expérimentation d’un mode de gestion différenciée de la forêt.

Ce projet est orienté sur la conservation de la nature et de la biodiversité de la zone concernée. Il doit également servir de levier au développement d’un tourisme diffus, tout en maintenant le principe du régime forestier inhérent aux propriétés publiques et garant d’un équilibre fonctionnel.

Rétroactes

En avril 2017, suite à la décision du Conseil communal de Nassogne d’approuver un cahier des charges visant à la location de plusieurs lots de chasse et écartant de facto le projet « Nassonia », j’ai chargé les universités wallonnes compétentes en matière forestière d’un travail d’identification afin de déterminer les sites susceptibles de se prêter à un mode de gestion différenciée.

Le site de Saint-Michel-Freyr, une propriété domaniale en site Natura 2000 et dont la gestion cynégétique spécifique est assumée par les Chasses de la Couronne, avait été retenu pour devenir une véritable vitrine à ciel ouvert du savoir-faire wallon en termes de gestion, d’adaptation au changement climatique, de consolidation de la biodiversité et de valorisation territoriale.

 

Fondation Pairi Daiza

Suite à l’appel à projets que j’ai lancé en juin 2017, les candidatures ont été analysées par un jury d’experts composé de 6 personnes issues du monde académique (UCL, ULB), du DNF, du Commissariat général au Tourisme et du Conseil de gestion des Chasses de la Couronne, sur base des critères précis. Les candidats devaient:

  • démontrer une expérience probante dans les domaines précités ;
  • définir une méthodologie en vue de la mise en place d’un plan d’actions à 5, 10 et 20 ans ;
  • préciser les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs fixés ;
  • être totalement désintéressés ;
  • être disponibles pour mener le projet dès l’approbation du Gouvernement.

En octobre, le Gouvernement wallon sélectionnait le projet de la Fondation Pairi Daiza qui repose sur trois objectifs stratégiques fondamentaux :

  • Renaturer le massif forestier : renforcer la voie initiée par le DNF et les Chasses de la Couronne pour augmenter la naturalité du massif et en faire un site Natura 2000 exemplaire. St-Michel doit devenir le haut lieu de la biodiversité en Ardenne en proposant des paysages diversifiés représentant une mosaïque de milieux naturels dominés par la forêt, capable d’évoluer dans un équilibre dynamique avec le climat et ses perturbations, ainsi qu’avec les populations herbivores.
  • Ré-enchanter la forêt et ses utilisateurs en développant de nouveaux modes d’interactions avec l’écosystème forestier en vue de la promotion d’un tourisme diffus à haute valeur ajoutée.
  • Valorisation économique des produits forestiers de qualité en mettant en œuvre une gestion durable des ressources naturelles nécessaires à la production de biens et de services générés par la forêt dans le contexte d’un site Natura 2000 à haut potentiel biologique.

Contrat de gestion

Approuvé par le Gouvernement wallon sur ma proposition le 14 juin 2018, le contrat de gestion, d’une durée minimale de 20 ans renouvelable, délimitant les droits et devoirs de chacune des parties, concrétisera ce partenariat public-privé. Il répond aux 7 balises fixées dans l’appel à projets initial :

  • Le maintien du régime forestier.
  • La mise en place d’un plan d’aménagement forestier adapté aux objectifs visés avec le DNF.
  • Le maintien de l’organisation des activités cynégétiques.
  • Le maintien de la circulation en forêt.
  • Une production de bois axée sur la qualité plutôt que la quantité.
  • La renaturation de la forêt en poussant sa fonction environnementale dans le plan d’aménagement.
  • L’intégration aux politiques de développement territorial et touristique à une échelle transcommunale et/ou du massif.

Eric Domb: “Ce projet reflète mon sentiment profond que la forêt n’est pas une chose qu’on exploite mais un être vivant et généreux dont il faut entendre et respecter les besoins“.

Pour ma part, j’entends démontrer, à travers ce projet expérimental, qu’un partenariat entre le savoir-faire du Département Nature et Forêt et l’expertise d’un promoteur privé peut être favorable au renforcement de la biodiversité, à la recherche scientifique et à l’attractivité touristique.

 

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