Ouvrir le chemin vers une agriculture moins dépendante des intrants, produire plus et mieux avec moins !

Il faut absolument tendre vers une réduction drastique du recours aux intrants de synthèse en agriculture et s’en donner les moyens, tant dans la recherche que dans l’encadrement des agriculteurs.

Après l’approbation par le Gouvernement wallon du Plan Triennal de Recherche, je lançais en juillet dernier deux appels à projets ; le premier dans le domaine de la Recherche, le second en matière de Développement.

L’objectif commun est d’augmenter encore l’efficacité des pratiques agricoles pour inscrire résolument l’agriculture dans les 3 piliers du développement durable et développer une agriculture productive, source d’emplois et de richesses mais aussi de services écologiques pour l’ensemble de la société, le tout dans un contexte, d’utilisation optimale des ressources de maintien de la compétitivité de notre agriculture.

En effet, si la vocation première de l’agriculture est et doit rester notre approvisionnement alimentaire en quantité et en qualité, elle peut également participer activement à la lutte contre le réchauffement climatique et à la préservation de notre environnement, notamment par l’utilisation de variétés ou d’espèces qui sont naturellement plus résistantes ou par la mise au point d’itinéraires techniques de culture qui limitent le recours aux intrants de synthèse. Le rôle de la recherche est de proposer des outils pour produire plus et mieux avec moins.

Sur ma proposition, le Gouvernement wallon a approuvé, ce jour, la liste des projets sélectionnés tant en Recherche qu’en Développement. Un budget de 7 millions d’euros a été dégagé pour financer ces projets. Ce budget sera réparti entre tous les acteurs de la recherche wallonne qui ont postulé (les universités : ULg, ULB, UCL, … les centres pilotes : IRBAB, AWE, CIPF, IFEL-W, … et d’autres bénéficiaires)

Dans le cadre de l’appel à projets pour la Recherche, les priorités suivantes étaient visées :

  1. La réduction de la dépendance aux intrants de synthèse ;
  2. Le Smart Farming : combinaison des données de différentes sources et natures collectées à différentes échelles spatio-temporelles
  3. L’optimisation de l’usage des produits ou co-produits bio-basés disponibles en Wallonie.

En outre, tous les projets devaient considérer les dimensions « rentabilité économique et coûts de production », « changement climatique » et « qualité de vie des agriculteurs ». Les projets relatifs à l’élevage devaient considérer la dimension « bien-être animal ».

12 projets de Recherche sur les 46 ont pu être sélectionnés. Ceux-ci balayent l’ensemble des thématiques proposées, avec un accent particulier mis sur la réduction des intrants de synthèse.

Bref descriptif sur les recherches qui seront menées :

  1. Gestion des mauvaises herbes grâce à la modulation des apports d’engrais
  2. Développement de pesticides à base de déchets agricoles, agro-industriels et forestiers wallons
  3. Conception d’un modèle de prévision de maladies de la betterave et application de méthode de lutte raisonnée
  4. Développement d’un outil de prévention et d’alerte de la myopathie des chevaux
  5. Identification des gènes qui poseraient des problèmes immunitaires chez le BBB pour permettre une meilleure sélection des animaux
  6. Développement de la culture de céréales sans fongicides de synthèse
  7. Evaluation de ce que deviennent les pesticides dans les champs, afin de développer des pratiques agricoles éco-responsables
  8. Elaboration de méthodes de détection des froments résistants à différents stress
  9. Elaboration d’un système biologique de protection des pommes de terre contre le mildiou à l’échelle de la parcelle.
  10. Développement d’un outil d’aide à la décision permettant d’évaluer les impacts environnementaux des élevages de moutons et de poules en Wallonie
  11. Réduction des apports de produits (pesticides ou engrais) sur les terres agricoles grâce à l’utilisation de mélanges de bactéries
  12. Développement d’un outil pour évaluer le bien-être animal des bovins

Le second appel à projets concernait les projets de Développement.

Trop souvent les résultats des travaux de recherches ne percolent pas assez vers le terrain. Cette dernière étape est pourtant capitale. Les recherches n’ont aucun intérêt si elles ne permettent pas aux principaux intéressés, dans ce cas précis les agriculteurs, d’en profiter. Ces projets sont beaucoup plus modestes dans leur conception et leur financement, il s’agit ici du « dernier mètre » à parcourir pour que les résultats des recherches soient non seulement transférés sur le terrain mais surtout que ces avancées soient concrètement mises en œuvre dans la pratique quotidienne.

En matière de Développement, les projets devaient se référer aux thèmes suivants :

  • Adaptation au changement climatique
  • Amélioration de la résilience des exploitations

8 projets de Développement sur 16 ont pu être sélectionnés. Ceux-ci couvrent les deux thématiques proposées, avec un accent particulier mis sur l’adaptation aux changements climatiques.

  1. Élaborer des systèmes de détection du stress thermique des vaches laitières en Wallonie permettant des pratiques d’élevage adaptées
  2. Technique de semis simultanés de maïs et d’un sous-semis pour une production agricole rentable alliée à une protection efficace des sols et de l’eau
  3. Réduction de la consommation de plastiques en agriculture: couverture végétale des silos d’ensilage de maïs
  4. Elaboration de systèmes agroforestiers adaptés au contexte des changements climatiques
  5. Réduction de produits de synthèse lors de la pré-récolte des pommes de terre de consommation
  6. Développement de productions agricoles bio wallonnes de qualité différenciée au sein de filières encadrées par des relations commerciales équitables
  7. Développement d’outils de gestion simplifiés en ligne adaptés aux fermes diversifiées
  8. Etablissement d’un référentiel technique pour la production en Wallonie de fruits, légumes et de pommes de terre, recouvrant à une utilisation minimale de pesticides chimiques.

Ces projets viennent compléter le Plan Triennal de Recherche (PTR 2017-2019) à l’échelle wallonne.

Dans sa Déclaration de Politique Régionale de juillet 2017, le Gouvernement exprime son souhait de développer une politique agricole régionale qui vise à rendre nos exploitations les plus autonomes possibles. La recherche agronomique a la responsabilité d’offrir des nouveaux outils à nos agriculteurs wallons !

1 réponse

  1. Olivier

    Un enjeu oublié : la production de protéines végétales, tant pour les hommes que pour les animaux. Nous sommes trop dépendant de source de protéines OGM venant d’autres continents. Permet en outre de réduire les GES et intrants en cultivant des légumineuses. Dommage …

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