Nouvelle PAC, cette fois on y est !

Après des mois de préparation, de concertations, d’explications, nous entrons dans le vif du sujet avec la mise en pratique de la nouvelle réforme de la Politique Agricole Commune.

Cette réforme va, une fois de plus, provoquer des modifications importantes pour notre agriculture.

Dans un cadre budgétaire européen en diminution, le système a été revu afin de conserver une agriculture wallonne diversifiée.

En effet, si l’Europe réduit effectivement les budgets et augmente les contraintes en terme de contrôle et de charges administratives, c’est par contre notre rôle de vous l’expliquer et d’y pallier.

 

Ma principale préoccupation est de mettre en œuvre ce consensus en permettant que chaque agriculteur soit informé au mieux du nouveau cadre.

Dans cette politique, j’ai le plaisir de vous annoncer la mise en ligne d’un simulateur vous permettant d’estimer les aides dont vous pourrez bénéficier avec la nouvelle PAC.

Pour faciliter la tâche aux professionnels du secteur, cette année voit aussi l’apparition d’une possibilité de déclaration en ligne avec l’outil « PAC on web ».

Ces outils sont les premières pierres d’un chantier important auquel je compte m’atteler durant tout mon mandat, celui d’un meilleur accompagnement, d’une diminution des charges administratives mais surtout d’une autre approche.

 

Je veux que les agricultrices et les agriculteurs soient reconnus pour ce qu’ils sont : des professionnels. Un professionnel, c’est quelqu’un à qui l’on doit faire confiance et à qui on doit donner le cadre pour travailler dans les meilleures conditions possibles.

Dans la marge de manœuvre permise par l’Europe, je vais m’atteler à instaurer un principe de confiance à l’égard de la profession.

Cette confiance, elle doit aussi être partagée par les nouveaux entrants dans la profession.

La nouvelle PAC est favorable aux jeunes avec des aides accrues, une suppression de l’achat de « droits aux primes » et, au contraire, un accès privilégiés à certaines via, par exemple, la réserve pour les primes « vaches allaitantes ».

L’accès à la terre et le prix du foncier restent également un facteur limitant pour les jeunes. Avec les nouveaux outils fonciers et la régionalisation de la loi sur le bail à ferme, la Wallonie dispose dorénavant des leviers pour améliorer la situation.

 

Après la simplification et l’approche basée sur la confiance, le renouvellement de génération, un autre grand chantier que je m’assigne est  celui d’assurer plus de valeur ajoutée aux produits wallons.

Outre la production, nous devons augmenter la valeur ajoutée de nos produits en les transformant en Wallonie dès que cela est possible, en les identifiant mieux, en reconnaissant leur qualité spécifique.

Après la récente campagne sur le lait, des campagnes sur la viande sont prévues afin de redorer l’image de nos produits. Nous poursuivons également la promotion de la marque « Agriculture de Wallonie » et le développement d’outils comme le clic local pour permettre aux collectivités d’avoir ce réflexe d’achat local.

Les filières organisées à l’échelon local, à l’échelon de la Wallonie ou des régions voisines permettent une moins grande dépendance aux cours des marchés internationaux.

Sur ma proposition, le Gouvernement wallon vient de mettre en place le cadre permettant de s’associer au sein de groupement de producteurs afin de négocier des accords sur les prix dans certains secteurs dont la viande et le lait.

 

Certains pensent que le marché va tout réguler, que la production va s’adapter à la demande. C’est l’approche libérale suivie ces dernières années par l’Europe.

La Wallonie s’est battue pour le maintien d’outils de régulation et les difficultés rencontrées aujourd’hui dans certains secteurs tendent à nous donner raison.

Je ne partage pas non plus la croyance en les  potentiels bienfaits du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP). Avec l’Eurodéputé Claude Rolin, j’ai récemment rappelé ma demande de suspendre les négociations à ce sujet car la confrontation du marché européen avec celui des Etats-Unis et donc de deux modèles économiques et sociaux très différents, risque de mettre à mal le modèle européen et donc aussi les producteurs lorsque l’on parle de matières premières alimentaires.

Poulet chloré, hormones de croissance, recours systématiques aux OGM, je ne souhaite pas que vos produits de qualité soient mis en concurrence avec des produits issus de ces pratiques.

A l’heure où l’Europe supprime certains outils de régulation et diminue globalement son budget dédié à l’agriculture, la nouvelle PAC offre aussi quelques opportunités.

Nous sommes dans une période de changement. Plus que jamais, nous devons ensemble donner un avenir à notre agriculture et assurer aux professionnels du secteur un revenu décent.

 

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