L’orge brassicole au cœur d’une stratégie de développement innovante !

J’ai présenté, à la Brasserie Caracole, le Plan Stratégique de Développement de l’Orge Brassicole 2017-2027,  première filière à haut potentiel à bénéficier d’un large plan d’actions qui détaille une série d’objectifs permettant de soutenir et de développer cette filière économique.

Histoire de la filière

La diversification de nos exploitations, pour réduire les risques d’exposition aux aléas climatiques et à la volatilité des prix du marché mondial, est devenue un impératif.  Cette diversification de sources de revenus agricoles peut être de différents types : diversification des cultures, des races, des moyens de production ou de commercialisation.

De plus, les productions agricoles wallonnes ne couvrent pas l’ensemble des besoins alimentaires de notre région. Certains secteurs constituent également des opportunités en termes de développement économique pour nos exploitations.  Il est dès lors important de pouvoir identifier clairement les filières à haut potentiel qui pourraient se développer en Wallonie de façon durable pour l’agriculteur, le consommateur mais également les transformateurs et vendeurs. Certains secteurs sont connus comme étant à « haut potentiel » : ovins, caprins, céréales planifiables, horticulture,…  Cependant, il est indispensable d’établir, de façon spécifique à chaque filière, un plan coordonné d’actions reposant sur un état de la situation actuelle et sur une étude du potentiel de développement de chacune d’elle.

Et la bière ?

Si 91% de l’orge brassicole cultivée en Belgique est produite en Wallonie, les quantités semées ne cessent de diminuer et ne répondent pas aux besoins de nos brasseurs. La filière belge de la malterie est seulement alimentée à hauteur de 4% par des orges brassicoles wallonnes. Or plus d’une centaine de brasseries wallonnes composent notre paysage. En 2015, la production de bière représentait 19.811.122 hectolitres, 34 % est autoconsommé en Belgique, le reste, 66%, est exporté.

En 2017, cette culture couvrait près de 260 hectares pour une quarantaine d’agriculteurs. La question du juste prix payé au producteur est toujours d’actualité de même que la qualité du produit final vendu aux brasseurs. Le prix du malt représente moins de 2% du prix de la bière, la juste rémunération des producteurs n’impacte donc le prix de la bière qu’à quelques cents par bouteille.

Le Plan stratégique

De nombreuses initiatives publiques et privées ont démontré l’intérêt mutuel des agriculteurs et brasseurs de développer une filière de qualité en Wallonie. C’est dans ce cadre que le Ministre de l’Agriculture, René COLLIN,  a chargé le Collège des Producteurs de réaliser un plan stratégique de développement spécifique à cette filière afin de produire localement la matière première qui fait défaut à notre transformation brassicole. Pour y parvenir,  l’ensemble des acteurs de la chaîne (de la recherche à la promotion) se sont réunis pour mettre en œuvre, grâce à une enveloppe totale de 2.560.000 euros sur 10 ans, 8 actions concrètes.

  • Rendre disponible plus de données pour piloter le développement de la filière
  •  Démarrer le développement au travers d’un noyau pilote d’acteurs de la filière intéressés par le local et le prix juste
  •  Assurer la disponibilité d’un encadrement technique des producteurs
  •  Assurer la disponibilité de services neutres de « facilitation filière »
  • Donner une reconnaissance officielle aux filières qui le demandent (Local, QD, Prix juste)
  • Canaliser la demande au travers de promotions ciblées
  • Soutenir la croissance de l’offre au travers d’un groupement de producteurs et de capacités de stockage
  • Soutenir l’adéquation de la qualité de l’offre avec les attentes de l’industrie

L’objectif majeur poursuivi par ce plan d’actions est d’offrir la possibilité à l’ensemble des brasseurs artisanaux wallons d’utiliser du malt d’orge local. Ce changement représenterait alors un potentiel de 800.000 hectolitres (4% de la production brassicole belge), soit 15.000 à 20.000 tonnes d’orge cultivée sur environ 3000 hectares.

L’agriculture est un véritable enjeu de société. Il importe de déterminer une sélection de filières à haut potentiel afin de renforcer notre agriculture. Après la reconnaissance officielle par l’UNESCO de la culture de la bière belge au patrimoine culturel immatériel mondial (mai 2017), René COLLIN se réjouit du pas supplémentaire franchi à travers ce Plan Stratégique qui permettra :

  • de multiplier les interactions entre les producteurs et les consommateurs ;
  • d’apporter une plus-value à nos matières premières tout en garantissant leur qualité ;
  • de renforcer l’identité wallonne des produits finis.

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