Les Régions, une force de la nature

Les Ministres flamande Joke SCHAUVLIEGE et bruxelloise Céline FREMAULT ont répondu favorablement à mon invitation pour participer à une première réunion, faisant suite à différents groupes de travail, entre les Ministres régionaux de la Nature.

Cette rencontre confirme la volonté des Régions de collaborer au travers d’un dialogue constructif et d’une coopération effective à des politiques concrètes en faveur de la biodiversité. La consolidation et la restauration de la biodiversité sont de réels enjeux de société qui dépassent évidemment les frontières administratives et politiques. De plus, la biodiversité est un paramètre important dans la problématique climatique. Les 3 Régions ont voulu le rappeler d’une voix forte d’autant plus que, dans le même temps, plusieurs prises de position laissent entendre une forme de désengagement en faveur de la préservation de notre cadre de vie.

Forêt de Soignes

Les 4.400 ha de la Forêt de Soignes se répartissent sur les 3 régions. Autant de législations segmentent donc la gestion de cet espace naturel. Dès lors, nous avons souhaité remplacer la structure de concertation existante au profit d’une Fondation Forêt de Soignes qui prendra en charge de l’élaboration du schéma de structure interrégional. En outre, nous collaborons activement, au travers de la coordination assurée par Natuur en Bos, à la reconnaissance de la Forêt de Soignes par l’UNESCO dans le cadre de l’initiative « Hêtraies – Patrimoine naturel commun de l’Europe ».

 

Espèces Exotiques envahissantes

Leur nombre, d’origine végétale ou animale, s’est accru sensiblement depuis le début du 19ème siècle, essentiellement par l’action de l’homme.  Elles constituent une réelle menace pour nos espèces indigènes et par conséquent pour notre biodiversité. En effet, les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont généralement plus compétitives. Elles peuvent être porteuses et vectrices d’agents pathogènes nuisibles pour nos espèces, sans oublier qu’elles sont susceptibles d’affecter notre écosystème en modifiant, par exemple, les propriétés du sol ou de l’eau. Au niveau européen, plus de 12.000 espèces exotiques ont été observées. Afin d’éviter et d’atténuer les effets néfastes de ces espèces, dont l’impact est estimé à 12 milliards d’euros par an,  la Commission européenne a adopté, le 1er janvier 2015, un Règlement européen définissant une série de mesures préventives et curatives : interdiction d’importation, de commercialisation, de détention ou encore d’élevage. En juillet dernier, la Commission établissait une première liste de 37 espèces exotiques envahissantes.

Un accord de coopération, adopté lors d’une Conférence interministérielle, est en cours de ratification. Ce texte vise à garantir, par la création d’un secrétariat scientifique national, une approche globale et cohérente en matière de lutte et de prévention des EEE au niveau belge au travers d’une triple action : prévention, détection précoce et éradication rapide.

 

Les eaux de la Senne

Les 3 Régions, avec l’appui de l’Europe, développent un projet LIFE intégré dit BELINI qui vise, dans le bassin de l’Escaut, à créer des Zones d’Immersion Temporaire dont le but est la temporisation des eaux lors des crues, l’optimalisation hydraulique et l’amélioration de la biodiversité de ces zones. L’Administration flamande est en Lead Partner.

Joke SCHAUVLIEGE, Céline FREMAULT et moi-même avons également abordé des problématiques communes aux 3 territoires dont par exemple les projets de sensibilisation en milieu scolaire ainsi que la protection des abeilles et pollinisateurs.

La Nature ne connaît pas de frontière. Collaborer entre régions est essentiel pour préserver notre environnement, sa biodiversité et garantir un cadre de vie de qualité pour ses habitants, qu’ils soient Bruxellois, Wallons, ou Flamands. Il faut sans cesse améliorer la gouvernance en matière de nature : développer la transversalité et la cohérence des approches en facilitant les rencontres et les échanges entre les acteurs responsables de la gestion des espaces verts et de l’espace public ainsi que des acteurs publics et privés du développement et de l’aménagement des trois Régions qui composent notre pays.”, explique la Ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Fremault.

« Les trois Régions sont, l’une pour l’autre, les premiers voisins et alliés dans les domaines de la nature et de l’environnement. L’échange des problématiques et des bonnes pratiques peut générer une grande quantité d’expertise. C’est pour ces raisons que nous organiserons des concertations régulières », explique Joke Schauvliege.

Les Ministres régionaux de la Nature se sont engagés en faveur d’une approche cohérente de la gestion de la biodiversité au travers d’un renforcement d’un dialogue continu par la création d’une « plateforme nature » qui réunira les Ministres à intervalles réguliers.

 

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire