Le traité transatlantique ou le choix d’une Europe humaniste ?

Depuis plusieurs mois, le projet de traité transatlantique (TTIP) est au centre des débats. Son objectif est de créer un vaste marché intérieur, bien plus intégré qu’une zone de libre-échange, entre l’Union européenne et les États-Unis dans le but de faciliter la croissance et de contourner le blocage des négociations multilatérales. En résultera une confrontation de deux marchés et deux modèles économiques et sociaux très différents, au  risque d’affaiblir le modèle européen.

En effet, en cas de concurrence forte, le modèle inégalitaire l’emporte généralement et se traduit notamment par des contributions sociales moins élevées qui lui donneront un avantage compétitif. Aussi, sans s’opposer à l’économie de marché, ni au libre-échange, le cdH s’inquiète des principes défendus dans l’accord en discussion qui, même avec d’indispensables balises, sont incompatibles avec une Europe humaniste. Ses représentants demandent notamment une renégociation du mandat octroyé à la Commission européenne afin de définir clairement des balises contraignantes – respect des normes humaines, sanitaires, sociales et environnementales européennes –  et  le champ d’application de la négociation en incluant, au sein de celui-ci, la coopération contre l’évasion fiscale, l’abolition des paradis fiscaux et la lutte contre le dumping fiscal, ainsi que la réglementation financière et bancaire. Pour le cdH, il est essentiel d’assurer la plus grande transparence.

En concluant cet accord, l’Europe accepte de réduire sa capacité de se penser comme un acteur politique autonome et retarde la construction d’une véritable Europe politique. Ainsi, le renforcement du lien entre l’Europe et les États-Unis risque d’induire que l’Europe s’empêche de penser à son avenir propre. Ce sera notamment le cas en matière de défense où, plutôt que de développer une Europe de la Défense (au sein de l’OTAN), l’OTAN continuera d’être la première organisation de protection européenne. Conclure cet accord, c’est, par conséquent, marquer une volonté que l’Europe politique n’advienne pas.

D’autre part, l’avantage économique de cet accord risque d’être modeste et n’aura pas un impact uniforme sur toutes les économies européennes. Selon une étude commanditée par la Commission européenne, on estime que, dans le cas où la négociation réussi à 100%, pour l’Europe dans son entièreté, le PIB augmentera seulement de 0,5% après 12 ans.

Pour le cdH, ce projet ne répond pas aux problèmes économiques européens actuels, à savoir le risque de déflation et la perte de niveau de vie des ménages. Or la priorité pour l’Union européenne doit être de développer un nouveau modèle économique, qui renforce la capacité de croissance des acteurs économiques européens, axé sur l’innovation, l’efficience énergétique et la relance des investissements.

Le cdH considère que le commerce international doit favoriser la croissance économique et le développement mais aussi contribuer au renforcement des liens entre les pays. Les accords de libre-échange doivent permettre de renforcer les normes humaines, sociales, environnementales et sanitaires. La convergence doit se faire vers le haut et non l’inverse. Préserver le modèle économique et social européen nécessite des balises claires et contraignantes. Ses représentants resteront vigilants et en appellent aux autorités européennes afin qu’elles prennent un engagement fort visant l’émergence d’un nouveau modèle de développement axé sur l’amélioration de la qualité de vie de tous les citoyens.

 

Retrouvez l’intégralité du communiqué de presse sur  : lecdh.be

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