Le MICE en Wallonie : un créneau à haut potentiel

A quelques jours du Grand Prix de Formule1 à Spa-Francorchamps, j’ai choisi l’Hôtel Silva Spa-Balmoral pour présenter ma stratégie visant à assurer le développement du MICE (Meetings, Incentives, Conventions, Exhibitions) qui constitue un levier touristique majeur. En effet, avec une dépense quotidienne moyenne de 97 euros par touriste, le poids économique du MICE en termes de valeur ajoutée est supérieur à celui du tourisme de loisirs qui plafonne à 60 euros.

Cette offre MICE dispose encore pourtant d’un important potentiel de développement. Il représente 14% des arrivées touristiques à l’échelle mondiale, un pourcentage qui s’élève à 8% pour la seule Wallonie mais qui affiche une croissance annuelle de l’ordre de 5,7% – pour 3,3% en Belgique- en passant de 195.088 nuitées en 1995 à 594.717 en 2016.

Si la Wallonie rattrape progressivement son retard sur les 2 autres régions du pays, elle rencontre trois obstacles : une forte atomisation de ses acteurs, une accessibilité parfois difficile ainsi que la taille de nos entreprises touristiques.

Dans un premier temps, la structuration du secteur MICE a permis la création d’un bureau spécialisé dans chaque province dont les missions principales ont été de cadastrer et d’organiser l’offre, d’assurer la formation du secteur et de se positionner en tant qu’interlocuteur unique pour l’organisation d’événements.

Aujourd’hui, une seconde étape s’inscrit dans les priorités fixées dans « la stratégie Europe 2020 » qui vise une croissance intelligente, durable et inclusive notamment par la mise en réseau des opérateurs touristiques et des moyens technologiques, la sensibilisation à l’éco-consommation, la valorisation du tissu économique local et ce, en vue d’un développement harmonieux de la Wallonie touristique au profit de ses clients et de ses habitants.

Le Gouvernement wallon, sur ma proposition, a dès lors dégagé une enveloppe de 1.500.000 euros, dont 600.000 euros à charge du FEDER. L’asbl Wallonie Belgique Tourisme (WBT) investira les moyens dégagés pour promouvoir la filière wallonne MICE sur nos marchés prioritaires notamment en développant des collaborations avec l’AWEX. Tandis que le Commissariat Général au Tourisme –CGT- coordonnera la mise en réseau informatique des opérateurs, de mutualiser l’information touristique et de poursuivre le développement de la filière et l’approche d’investisseurs par la création d’outils de récolte et d’analyses statistiques dédiées au tourisme d’affaires.

Pour l’heure, après les belges, les français constituent notre première clientèle MICE avec près de 55.000 nuitées en 2016, les néerlandais sont seconds avec plus de 31.700 nuitées. Les britanniques clôturent le podium avec un peu moins de 22.000 nuitées. En 2016, MICE en Wallonie a généré un chiffre d’affaire de 57.544.897 euros exclusivement en termes de nuitées.

Les objectifs en termes de nuitées sont ambitieux : +40.000 d’ici 2018 et +238.000 à l’horizon 2023. Toutefois elles ne constituent pas le seul indicateur tangible, les retombées pour nos centres de conférence et de congrès, les lieux événementiels et l’organisation d’incentives seront considérables.

Pour rappel, le tourisme en Wallonie représente 7,5 millions de nuitées dans les 6.040 hébergements touristiques recensés, pour une capacité de quelques 115.865 lits. La Wallonie, c’est également une fréquentation de près de 10 millions de visiteurs dans 310 attractions touristiques réparties en 3 pôles : culturel, naturel et récréatif. Le secteur pèse 6% du PIB wallon et génère près de 60.000 emplois non-délocalisables.

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