La Commission européenne brade son secteur agricole

J’ai pris connaissance avec inquiétude de l’information relayée par l’Agence Europe selon laquelle, la Commission européenne porterait à 99.000 tonnes son offre de quota d’importation tarifaire pour la viande bovine dans le cadre des négociations de l’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne.

Je n’ai eu de cesse, notamment encore ce lundi lors du dernier Conseil agricole, de tirer la sonnette d’alarme quant aux concessions envisagées par l’Union européenne en matière agricole. Ces concessions auront des répercussions néfastes qui modifieraient en profondeur le paysage agricole mais également les habitudes de consommation.

Ma crainte de voir l’agriculture européenne, forte de 22 millions d’agriculteurs, créatrice de  44 millions d’emplois issus des industries liées à la transformation, le commerce et les services des produits alimentaires et qui garantit l’approvisionnement alimentaire des 500 millions de citoyens, être reléguée à une simple variable d’ajustement dans les négociations commerciales bilatérales se confirme.

Ce modèle de libre-échange qui repose sur une concurrence inéquitable entre des modèles sociaux, environnementaux et sanitaires, que tout oppose, est de nature à entraîner le déclin d’une agriculture européenne, et singulièrement wallonne, durable et respectueuse de hauts standards de production, valorisant le savoir-faire de nos agriculteurs et garantissant une qualité irréprochable aux consommateurs. C’est tout bonnement inacceptable.

Ce lundi 29 janvier lors du dernier Conseil agricole, j’ai interpellé la Commission afin de disposer d’une mise à jour de l’étude portant sur les effets  cumulatifs des diverses concessions commerciales octroyées dans les accords de libre-échange, dont les derniers résultats en novembre 2016 démontraient les risques encourus par nos filières.

Partant de l’adage qu’il vaut mieux pas d’accord qu’un mauvais accord, j’invite fermement le Premier Ministre Charles MICHEL à maintenir, avec convictions, les réserves sur le volet agricole des négociations Mercosur qu’il a transmises au Président JUNCKER.

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