Isoler le périmètre & détruire les sangliers

J’ai reçu le dernier rapport du Réseau de Surveillance Sanitaire de la Faune Sauvage qui confirme que sur les 44 sangliers prélevés actuellement :

  • 30 sont situés dans le périmètre des 63.000 hectares, dénomé ZI
  • 14 se sont révélés positifs au sein de la ZI

L’espace positif est désormais élargit sur une zone comprenant Buzenol, Ethe, Lagland et St-Léger. Une analyse comparative entre l’ADN de 17 premiers sangliers retrouvés avec les profils génétiques des populations d’autres pays européens est en cours.image006

L’origine du virus de la Peste Porcine Africaine – PPA-

La PPA est une maladie virale qui n’affecte que les porcs et les sangliers. Le virus responsable de la PPA est présent dans le sang, les tissus, l’urine, les excréments, les sécrétions et les excrétas des animaux malades. Il est très contagieux et résistant. Il peut dès lors être transmis par les voies suivantes : sang, excréments, salive, aliments contaminés ou par simple contact. Le sanglier infecté  meurt après 5 à 7 jours.

La maladie n’est ni contagieuse pour l’homme ni pour les autres animaux.

 L’apparition du virus en Europe débute en Géorgie dès 2007. La PPA gagne ensuite d’autres pays comme la Pologne, les Pays Balte ou plus récemment, la République Tchèque, le plus proche foyer d’infection de notre pays à 1.000 km à vol d’oiseau.

Différentes thèses peuvent expliquer l’arrivée du virus de la peste porcine africaine sur notre territoire. A cet égard, je ne suis le partisan d’aucune thèse. Toutefois, les experts européens ont tendance à privilégier le facteur humain. Les premiers résultats de séquençage du virus réalisé par Sciensano et par le laboratoire de référence Européen espagnol (CISA/INIA) confirment que le virus isolé en Ardennes est du génotype II, qui circule actuellement en Europe de l’Est. Il existe actuellement 23 génotypes répartis partout dans le monde. Ces résultats sont basés sur l’analyse de fragments d’ADN et le séquençage du génome complet du virus est actuellement en cours. Celui-ci devrait permettre, dans les jours qui viennent, de tracer de façon plus précise l’origine du virus et de verrouiller les circuits qu’il emprunte ».

Les mesures

Le 14 septembre dernier, je faisais adopter par le Gouvernement wallon un arrêté définissant un périmètre de 63.000 hectares. Cette zone a été établie par la Commission européenne après discussions avec le SPW et l’AFSCA sur base de la localisation des deux premiers sangliers positifs retrouvés.

Différentes mesures, validées et saluées par la Commission européenne, ont été appliquées afin d’éviter toute propagation du virus au-delà de la ZI et contamination des 58 élevages porcins recensés.

  • L’interdiction de toute forme de chasse afin d’éviter une dispersion des populations de sangliers.
  • Le nourrissage est prohibé pour prévenir tout risque de concentration de population et donc tout risque de contamination renforcée par les allées et venues des gardes chasses particuliers chargés de cette mission.
  • L’interdiction de circulation en forêt ainsi que de toute forme d’exploitation forestière afin d’éviter tout risque de propagation accidentelle par l’homme

Les agents des cantonnements concernés ont débuté, la semaine dernière la procédure de recherche des carcasses. Le périmètre aura, ce soir, été couvert une première fois. Les découvertes effectuées permettront à court terme de délimiter de manière précise le territoire infecté et de réduire le premier périmètre, mais également d’évacuer les carcasses qui restent des foyers viraux jusqu’à 120 jours après la mort.

Pour rappel, seuls les agents du DNF sont habilités à enlever les carcasses. Une équipe est spécialement dédicacée au transport vers les centres de collecte. « J’attends, souligne René COLLIN, une totale coopération de l’ensemble des acteurs et de nos citoyens lors de la découverte d’une carcasse de sanglier en appelant immédiatement le call center du Service public de Wallonie (1718) ».

Une fois le nouveau périmètre déterminé, je donnerai injonction à mes services d’isoler la zone, notamment par l’installation de clôtures (dispositif en préparation) afin de contenir les populations de sangliers présentes. Ces dernières devront périr.

Question de densité

Sur les 63.000 hectares, la population de sanglier est estimée à 2.000 individus avant la chasse. L’an dernier, 1.100 sangliers ont été tirés sur cette zone soit 13 par 1.000 hectares… Un chiffre bien en deçà des 60 sangliers tirés par 1.000 hectares repris par certaines associations considérant qu’à partir de ce nombre les populations de suidés sont en surnombre.

Par ailleurs, j’ai déjà entrepris différentes mesures afin de réguler les populations de sanglier. Entre 2015 et 2016, le nombre de sanglier tirés est passé de 21.721 à 22.182 individus. Pour 2017, l’administration estime que la progression sera de l’ordre de 30% notamment grâce à la prolongation de la chasse décidée pour janvier et février 2018 avec 1.339 individus prélevés. Une mesure similaire sera soumise au Gouvernement pour les deux premiers mois de 2019. Elle sera couplée à l’interdiction, durant toute l’année cynégétique en cours, de toute forme de restriction sur l’espèce sanglier à partir de l’ouverture de la chasse en battue au 01 octobre 2018.

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