INTERREG et la Grande Région 2020

À Aubange, pour le lancement du nouveau programme INTERREG VA Grande Région.

Le choix d’Aubange n’est pas dû au hasard. C’est ici, sur ce territoire des trois-frontières, aux confins de la Wallonie, de la Lorraine et du Luxembourg, qu’a été créé voici un peu plus de 30 ans, en 1985, le Pôle Européen de Développement (PED), pour assurer la reconversion du bassin sidérurgique transfrontalier victime de la crise industrielle dans cette partie de l’espace aujourd’hui mieux connu sous le nom de Grande Région. Ce Pôle fut le premier champ d’action de fonds européens affectés à des programmes de redéploiement socio-économique transfrontaliers.

Pour rappel, la Grande Région est un espace de coopération transfrontalière qui réunit le Grand-Duché de Luxembourg, la Préfecture et la Région Alsace-Champagne Ardenne-Lorraine, avec les Départements de la Moselle, de la Meurthe-et-Moselle et de la Meuse, la Sarre, la Rhénanie-Palatinat ainsi que la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté germanophone de Belgique.  Située au cœur de l’Europe, la Grande Région est également caractérisée par des flux permanents de travailleurs, de consommateurs transfrontaliers et constitue le plus grand marché transfrontalier du travail de l’Union européenne.

De plus en plus nombreux sont ceux qui pensent que l’Europe est une voie sans issue, un projet en train de se déliter, voire même un navire qu’il convient de quitter avant qu’il ne sombre.

J’ai pourtant la conviction que c’est précisément dans ce contexte difficile que l’Europe se dessine comme la seule voie possible, s’impose à nous, plus que jamais, comme une nécessité impérieuse, si nous voulons, Belges, Luxembourgeois, Français, Allemands, maîtriser pleinement notre destin dans le concert mondial et donner à nos enfants un avenir digne de leurs espérances.

Nous avons besoin non pas de moins d’Europe, mais de plus d’Europe. Certes pas de plus d’Europe partout et dans tout, pas d’une Europe tatillonne qui compense son manque d’unité et de stratégie politique par un interventionnisme réglementaire paralysant, mais bien d’un nouvel élan, de davantage de solidarité, de vision commune, de cohérence, de cohésion entre les partenaires de l’aventure européenne.

Cet effort de cohérence entre les partenaires, c’est précisément l’objectif poursuivi par l’Europe au travers de la politique de développement régional qui se traduit dans le FEDER (Fonds européen de développement économique et territorial) : réduire les écarts de développement et de niveau de vie entre les régions d’Europe, de façon à éliminer progressivement les déséquilibres, les tensions et les concurrences néfastes et ce faisant, à harmoniser, à stabiliser, à fortifier l’Europe en lui donnant la substance d’un projet crédible et bienfaisant pour les populations, auquel les citoyens adhèrent.

Adopté le 15 décembre 2015 par la Commission européenne, le programme INTERREG VA GR est le fruit d’un consensus au terme d’une négociation entre l’ensemble des Autorités partenaires. Doté d’un budget de 140 M € issu du fonds FEDER, au lieu d’environ 100 millions sous la précédente programmation.

Ce nouveau programme soutient des projets de coopération transfrontalière orientés vers quatre axes :

Poursuivre le développement d’un marché du travail intégré ;

Assurer un développement respectueux de l’environnement et du cadre de vie ;

Améliorer les conditions de vie ;

Renforcer la compétitivité et l’attractivité.

À la suite du premier appel à projets, 82 projets ont été introduits et seront évalués prochainement.

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